Adam 
Le Jour








   — Ève    
La Nuit


︎

La Rivière


Quand l’oiseau passe
Elle divague 
À tout ce qu’elle entend 
Quand elle déraille 
Elle est belle 
À contre-courant

Dis-moi droit dans les yeux
Ce que tu penses tout bas
Mets en place les enjeux
Et ne pense qu’aux résultats

Fais aux peurs tes adieux
Il est temps de prendre le large
Attache-toi les cheveux
3, 2, 1 c’est le décollage
Et du matin je la regarde
Briller jusqu’au soir
Derrière ses reflets bleutés
C’est les rayons d’or

Et chaque nuit je l’imagine
Briller dans le noir
Derrière ses reflets bleutés
C’est les rayons d’or

Je me réveille dans la chambre 403 de l’Hotel Adam. Ma fenêtre donne sur le lac Phewa et le parc Disneyland local qui, mystèrieusement, fonctionne sans accueillir un seul visiteur.

Au loin, j’aperçois la Pagode de la Paix. C’est elle qui incarnera “La Rivière”. Elle transformera la chanson en un mantra d’un autre monde. Pour s’y rendre, il faut traverser le lac en pirogue, puis grimper une montagne remplie de chants d’oiseaux. C’est ce que nous avons fait avec Raju Bandhari, guide international népalais et caméra-man d’un jour.

Sur le lac, le deuxième homme oriente la pirogue de façon à ce que le soleil fasse briller la surface de l’eau derrière moi, pendant que Raju me filme chanter à l’aube. Il est 9 heures.

Cette chanson est à la fois légère et encourageante. C’est une émotion que j’associe aux rivières, à la fois relaxantes et dynamisantes lorsqu’on s’y baigne, peu importe la saison.


︎︎︎︎



Car tu t’en vas (Jeanette rework)


Dans mon rétro
Brille le soleil
Mais mon coeur saigne
En voyant défiler
Dans la ville les gratte-ciels
Car tu t'en vas

Comme chaque nuit
J'ai rêvé de toi
Et sur le compteur
Défilent sous mes yeux
Les minutes et les heures
Car tu t'en vas

Toutes les promesses
De mon amour
S'en iront avec toi
Tu m'oublieras
Tu m'oublieras
Près de la station
Je pleurerai
Comme un adolescent
Car tu t'en vas
Car tu t'en vas
Et sous les éclairs
Des réverbères
S'endormiront
Toutes les choses
Que je n'ai pas pu te dire
S'endormiront

Toutes les aiguilles
Sur le compteur
S'arrêteront
Et toutes les heures que
Toi et moi aurions du vivre
S'arrêteront

Ce travail d’adaptation urbanise et motorise les textes de l’emblématique “Porque Te Vas” de Jeanette. La fenêtre devient le rétroviseur, l’horloge devient le compteur. Nous quittons le village pour se retrouver sur une autoroute entourée de building.

Le clip réalisé par Brice Chatenoud met en scène une course poursuite entre Adam le mécanicien et Ève la conductrice dénudée, vivant leur idylle à la station service. 

︎︎



Paris Plage


Oh quand j’essaie
De clôre mes paupières
À chaque minute admise
C’est le soleil ou toi
Comme tu préfères
Qui vient me claquer la bise
Oui mais toi tu restes assise
Regardant monter la Seine

Là, de la sève
Coule sous la Seine
Où tes rêveries sont reines
Les deux mains sous vent
Les deux pieds sous terre
Et les pensées dans les airs
Tu t’isoles sous parasol
Seule son ombre te console

En voyage à Paris
Passent les âges, Paris
Pâles visages, Paris
Page à page, Paris
Paris Plage


Quand tes humeurs
Redoublent de douceur
Et qu’on finit par s’étendre
Haut dans l’azur
Plane les remords
Mais tu ne veux rien entendre
Et tu clames un idéal
Dans une chaleur boréale

Tard dans l’histoire
Quand tu t’apercevras
Que le bonheur n’était ailleurs
Oh souviens-toi
Que Paris plage n’est
Qu’à une demi-heure
Trois-quart d’heure
Et qu’on peut tous s’y baigner
Nos chagrins sur le côté

Cette chanson mêle des flux parisiens et méditerrannéens, confond le quotidien et les vacances, installe une nostalgie de la vie de tous les jours, éblouie par le soleil du Sud.

Loudovica Le Ny, jeune artiste franco-japonaise, a filmé des instants de vie sur les plages françaises et italiennes, des discussions, des baignades. À travers la longue vue, on épie le sable sur les fesses, la fragilité des pieds sur les galets, mais aussi nos iPhones qui ne nous quittent plus.

De l’enfance à la vieillesse, les âges passent et la tendresse reste. Les mains qui s’amusaient finissent par se serrer pour toujours.

Exploration d’une mélancolie française aux sonorités dream-pop, sauce Éric Rohmer.


︎︎︎︎


L’Étoile


Et quand tu t’ennuieras de moi
De ma lune et mon soleil
Qu’un matin tu espéreras
Replonger dans ton sommeil
Et qu’à tes yeux
Même mes voix
Ne seront plus des merveilles
À cet instant-là
Souviens-toi que

Toi et moi
C’était ton rêve
Le rêve d’une vie entière
Et pourtant si brève
Comparée à l’éternité
Je suis une étoile
Filante dans l’immensité
Que tu es venu chercher

Et quand tu ne supporteras
Plus mes jours
Et mes semaines
Et quand bien même
Tu m’en voudras
Pour les masques et la haine
Toutes ces choses
Que tu ne pensais pas
Si profondes et si humaines
À cet instant-là
Souviens-toi que

Toi et moi
C’était ton rêve
Le rêve d’une vie entière
Et pourtant si brève
Comparée à l’éternité
Tu es une étoile
Filante dans l’immensité
Qui est venue me chercher
Pour comprendre le sens de ces paroles, il faut imaginer que la Terre parle à son habitant. Composée pendant le premier confinement, elle s’autorise une grande intimité, pour atteindre le réconfort cosmique, galactique.

L’artiste franco-japonaise Loudovica Le Ny célèbre le coucher de soleil sur l’île du Frioul (Marseille) en dansant sur les rochers. Ce soleil qui, comme la Terre, est une étoile qui nous réconforte chaque jour. Tout devient alors étoile, entité qui rassure, de l’oiseau dans le ciel à sa propre existence. Nous ne sommes rien d’autre que des objets célestes posés temporairement sur Terre.


︎︎︎︎


Latitude 45


Entre la Côte d’Or et d’Azur
Elle roulait à trop vive allure
Loin de la ville
Aux mille voitures
Elle voulait respirer l’air pur

Sur la latitude 45
Elle reprend son souffle
Les orteils hauts vers le ciel
Elle achète son diesel

Au volant de son cabriolet
Elle s’élance
Sur l’autoroute du soleil
Elle aperçoit la mer

Loin loin loin
Elle dévale la côte
Jusqu’aux bateaux
Elle regarde son reflet
Au bord de l’eau
Elle plonge sa main
Pour se mouiller
Le haut du dos
Puis elle coule, elle
Laisse couler

Et moi sur le sable
Je la regarde nager
Puis je la raccompagne
Vers son cabriolet
Après Orange, Valence
Et le Beaujolais
Elle disparait
Jusqu’à l’année d’après

La Latitude 45 scinde la France en deux pôles. Elle la coupe horizontalement au niveau de Montélimar, là où le climat méditerrannéen commence à se faire sentir. Cette chanson théorise poétiquement que traverser la Latitude 45 apporterait à l’être humain des vertus relaxantes et thérapeutiques, comme une onde guérisseuse.

Dans les images du clip, on suit un couple d’amoureux sur les routes du Sud, silencieux et insouciants, comme massés par les paysages et le bruit des vagues.

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